Rimbaud & Verlaine ''Sonnet du Trou du Cul'' (1872)
L’Idole, Sonnet du Trou du Cul
Obscur
et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi
parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des
Fesses blanches jusqu’au coeur de son ourlet.
Des
filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent
cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne
rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.
Mon
Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït
matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de
sanglots.
C’est
l’olive pâmée, et la flûte caline,
C’est le tube où
descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs
enclos !
Verlaine
& Rimbaud, 1872



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